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3. La musulmane peut-elle s'embellir le visage par des substances colorées et sortir ainsi de chez elle ?
Dans le souci qu'il n'y ait pas de perte de repères entre hommes et femmes (ce dont Elisabeth Badinter fait la critique à propos de la société occidentale d'aujourd'hui), le Prophète a énoncé comme principe général que Dieu voulait que les hommes et les femmes ne s'imitent pas les uns les autres dans leurs attributs particuliers. A la lumière de ce principe, le Prophète a dit : “Le parfum qu'utiliseront les hommes est ce dont l'odeur est ressentie mais qui n'a pas de couleur. Et le parfum qu'utiliseront les femmes est ce dont la couleur est visible mais dont l'odeur est discrète” (rapporté par at-Tirmidhî, n° 2238, an-Nassâï, Abû Dâoûd). “Parfum discret” signifie “parfum qui n'est pas ressenti par ceux dont on passe à proximité”, comme l'explicite un autre Hadîth bien connu rapporté par at-Tirmidhî (n° 2786). Saïd, un des maillons de la chaîne de transmission du premier Hadîth, précise : “Cette prescription du Prophète à propos du parfum qu'utilisera la femme concerne le moment où celle-ci sort de chez elle [et, par extension, le moment où elle se trouve en compagnie d'hommes qui ne sont pas son mari ou ses proches parents]. Mais lorsqu'elle se trouve auprès de son mari, la femme peut utiliser le parfum qu'elle veut” (rapporté par Abû Dâoûd). As-Suyûtî énumère, en vertu du principe donné par ce Hadîth, quelques-unes des substances que les hommes peuvent utiliser comme parfum : le musc, l'ambre, le bois d'aloès, le camphre. Et comme substances que les femmes utiliseront : le safran oriental, mélangé ou non. As-Sindî explique : “Le musc, que les hommes utilisent comme parfum, a aussi une couleur. En fait, lorsqu'il a dit : “le parfum des femmes est ce dont la couleur est visible”, le Prophète a voulu dire : “le parfum des femmes est ce qui a une couleur recherchée en tant que parure” (Hâshiya 'alâ Sunan in-Nassâï, tome 8 p. 151).
En un mot, pour sortir de chez elle, la musulmane peut se parer mais doit le faire sans porter un parfum dont l'odeur serait ressentie par ceux dont elle passe à proximité, ce type de parfum étant réservé aux hommes. Le musulman, pour sa part – et ce qu'il sorte de chez lui ou y reste – ne doit pas utiliser de substances colorées pour s'embellir l'épiderme, ceci étant réservé aux femmes (voir Hâshiyat us-Sindî 'alâ Sunan in-Nassâï, tome 8 p. 189).
La musulmane a donc la possibilité d'utiliser du henné sur ses mains ou sur ses ongles, du khôl sur ses yeux, etc., même lorsqu'elle sort de chez elle. Ceci correspond tout à fait au commentaire du verset coranique “Et qu'elles ne montrent de leurs parures que ce qui paraît”, commentaire qui dit que ce qui paraît est “le visage et les mains, et qu'y sont inclus le khôl, la teinture (le henné), la bague et le bracelet”, comme l'a dit at-Tabarî. De plus, le Prophète avait dit à une musulmane : “Etant une femme, tu devrais te teindre les ongles avec du henné” (rapporté par an-Nassâï, n° 4712). Dans le même ordre d'idées, Ibn Battâl a écrit que “les hommes ne doivent pas s'embellir le visage avec des substances colorées, ceci étant réservé aux femmes qui peuvent, elles, utiliser de telles substances pour se parfumer [légèrement] le visage et se l'embellir” (Fat'h ul-bârî, tome 10 p. 449). Ici aussi, cependant, la modération doit rester la règle, comme nous allons le voir ci-après.
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